Saint-Flour
(août - octobre 2004)

alors voilà

Alors voilà tout est là posé le genre de bilan quand tu vas mourir sous peu -- on s'arrête un peu - juste un peu, et c'est déjà le grand cataclysme -- se peut-il que nos vies soient si fragiles ? si peu tenues ? // j'entends un milliard de voix qui récitent les monotonies - comme quoi faudrait se résoudre un peu, s'accrocher [lu : symptômes de la schizophrénie : le patient entend souvent des voix]... Bah les voix je les entends je n'y peux rien c'est le ça ou vous l'appellerez comme bon vous semble et si j'entends ses voix moi qu'y puis-je je n'ai pas décrété qu'un jour j'entendrais des voix -- le problème quand on possède l'art de la parole et qu'on n'a pas le pouvoir qui va avec -- si tu possèdes l'art de la parole et le pouvoir qui va avec, tu peux modeler le monde selon tes désirs -- // mais je ne possède pas le pouvoir qui va avec // pas de bol

31 août (jour de foire)

31 août : ai décidé de démissionner = démissionner du monde social [faudra lire mon nexus pour comprendre les enjeux du mot social dans le crâne qui me sert de crâne - un chaudron peut-être ?] On doit être mardi. Voilà J'ai le Nez dans les fleurs, le visage planté dans la terre [mon psychothérapeute disait : Monsieur S., il faut retourner à la terre - j'y retourne mon cher j'y retourne]. Alors bien sûr devraient se poser tout un tas de problèmes - énumérons : payer son loyer, les charges inhérentes, le manger le boire et tout ce qui va avec (?? laissons en suspens pour le moment). Si on fait les comptes honnêtement -sans se mentir !!- [en comptant les expédients de la sagesse : cette bouteille de vin à pas cher, et ces comprimés pour le dormir - pour le vêtement, maintenant que j'ai quitté ce vain/bas/ennuyeux monde, peu m'importe, et pour la nourriture, on sera pas trop regardant], on se rend compte qu'on vit largement au-dessus de ses moyens [comme m'a dit mon P. --et je t'en foutrais moi du logement social et des subsides de l'état !! mais c'est pas une vie non ! c'est pas une vie pour un fier-à-bras comme {moi}]. Donc les voix ? Tout ce qui s'entrechoque, lutte, dans ce qui me tient lieu de crâne -- on est mardi. Good day to die !

second discours sur...

d'un autre côté, si l'on y regarde bien, comment être sûr que {je} ne me raconte pas de fariboles ? Par exemple -- à supposer qu'Aristote ait raison -- {je} suis aussi un animal social. et d'abord et avant tout. Alors cette expérience -- vivre en-deçà du social- serait vaine.stupide.enfantillage -- les enfants vivent en-deçà -- je n'ai jamais été un enfant -- je m'autorise à l'être [du coup c'est même pas la crise d'adolescence, c'est la crise de l'enfant qui vient de naître, le nez dans les fleurs, les couilles plantées dans les orties, et plein de sensations autour^^ alors^ cette Xpérience : du flanc ?? [c\'est pour ça que je me plais à boire, que c'est le meilleur moment de la nuit, que j'attends avec bonheur le moment de boire -- pense à FSFitzgerald : «la fêlure«. Si ça me plaît moi de vivre dans l'attente du moment où je vais boire ?? NON !! ça ne marche pas comme ça !! [encore les voix, salut !!] Donc ::: Aristote peut-être avait raison - et pourtant faut bien que quelqu'un apporte la preuve - essayer quand même -- la vie en-deçà ^^ Rousseau mon cher ami : voilà le mâle et la femelle chacun vaquant à ses occupations - essentiellement ::: manger, dormir -- et baiser de temps à autres ce qui fait un semblant de contrat social juste pour le plaisir de se jouir -- pour un peu je me ferais catho :: la jouissance est le début de la fin !! chacun folâtrant dans ses pâturages - ça pourrait ?? aie!!!!!! faut encore se débarrasser de pas mal de spectres n'est-ce pas ? ' );

des lieux qu'on connaît

un sacré bordel dans la tête la nuit suivante. Levé à 6 heures -au chant du coq [je raconte pas de bobards hein ? Le coq ne cesse de hurler depuis une heure, à s'en bouffer les amygdales... Pas le seul à souffrir manifestement -- ça doit faire du bien remarque, je devrais essayer] Faire cesser le rêve : se lever, écrire ::: ce que je fais ^^maintenant^^. {je} rêve [comme d'habitude] de lieux que je connais -- constante de mes rêves -- je note ceci pour mes analystes futurs -- {toi} peut-être ? -- des lieux vraiment familiers -- toujours les mêmes [par exemple le château de Gombrowicz dans Feydidurke, cette ville coupée en deux par un fleuve {tumultueux} -- du coup je suis allé pisser -- C'est à la fois Chauvigny, mais à la fois ça n'y ressemble pas du tout. Là je suis au début de l'autre côté (du côté de la ville laide et sans intérêt touristique pour ainsi dire). Primo : il y a là une grande tour au bord du fleuve, mais ce n'est pas vraiment une tour -- les choses ne sont jamais vraiment ce qu'elles sont dans les rêves :) -- plutôt un morceau de tour mais très haute - une des questions [{je} suis semble-t-il archéologue et [ {je} suis semble-t-il une femme]] -- la question est de savoir si elle était carrée à l'origine ou bien circulaire. Secundo :Je me propose de grimper au sommet ::: dans la dernière pièce, tout en haut, je sais qu'une jeune fille a cousu et recousu -- des vêtements -- Je dis qu'on pourrait éventuellement y découvrir une pelote de fils parfaitement conservée !!! découverte archéologique de très très grande valeur !!! [mais {je} précise la possibilité que ce ne soit là qu'étron de corbeau ??? Et d'ailleurs quand je grimpe, et regarde - pas autre chose que cette merde évidemment, et de grands corbeaux là haut dérangés dans la dévoration d'une tête d'homme ensanglantée [tirée d'un cadavre charrié par le fleuve -> fantasme persistant en ce moment de la dévoration par des animaux ->si je m'endors dans la forêt -- j'entrevois des yeux de renards et de loups tandis qu'il me dévore -- normal ::: ai pensé cette mort si particulière juqu'au bout -- et sans regrets -- s'allonger quelque part dans la forêt de Margeride, au coucher du jour -- avaler bien de comprimés d'astrazolam [on croirait un copain à Zoroastre] ::: et rester là -- de toutes façons c'est le coma assuré [pour le moins] - et le temps qu'on retrouve ce qui reste du corps -- bah, putois et renards, souris des bois et insectes charognards auront vite fait d'accomplir leur besogne.. ensuite, la pourriture des feuilles mortes et l'humus -- faudra penser à laisser un mot avec mon et glisser le bout de papier dans une boîte en ferraille [parce que, pour identifier le corps, ça risque d'être coton - et je voudrais pas faire perdre du bon temps aux polices municipales]

des lieux qu'on connaît (ii)

Je {te} vois aussi quand tu étais gamine dans les rues de Lyon pendant la guerre : tes cheveux sont châtains, longs et bouclées -- tu sembles insouciante, mais en réalité tu as peur à cause de ton patronyme hongrois, et tout le monde croit que vous êtes juifs. [ces couleurs sépias dans le rêve -- toujours ce film traumatisant de quand j'étais à l'école primaire sur une famille de juifs pendant la guerre -- doit-on ou ne doit-on pas montrer cela aux enfants - j'y ai eu droit en tous cas] Après, retour au village (...) tiens c'est le même fleuve sans doute que le grand père traversait en barque pour porter des messages pendant la même guerre -- et aussi dans la poche arrière de son vélo [fleuve frontière entre le libre et l'occupé. humm.]. Il y a là une sorte de mariage qui doit avoir lieu entre ::: la fille du café du Nord [de Saint Flour évidemment !!!] (la brune diaphane si froide et si jolie) et un type [qui ne me dit rien, rien du tout]... Mais il y en a aussi un autre qui l'aime [un jeune brun avec des lunettes, l'air un peu coincé], et qu'elle aime aussi sans doute et leur amour est impossible... Tout se passe autour d'une ^^Église [sorte de camp de vacances pour charismatiques, avec en plus de vieilles bigotes et de vieux curés]^^ -- suis une espèce de prêtre défroqué dans ce rêve. Et par la grâce du verbe {je} réconcilie et répare et relie ce qui doit être relié. tout se termine bien comme dans un film à l'eau de rose et je repars au loin - la tâche accomplie -- mais, comme à chaque fois, impossible de trouver la route de chez moi !!! ils ont changé les panneaux ou quoi -- si on ajoute la pluie le vent la tempête !!! impossible de rentrer chez soi -- tant pis ! [de toutes façons ::: où est-ce chez toi petit bonhomme ?]

symptômes

et maintenant complètement décalé -- mais j'ai vu l'aube pour la première fois depuis si longtemps !!! en fait ::: de la nuit profonde avec la demi-lune frimant derrière son nuage [et pas mal d'étoiles polaires] au jour saturé d'un brouillard gris clair et purée de poix comme on dit, pas plus d'une demi-heure !!! je tourne la tête vers la fenêtre ::: il y a un instant c'était la nuit, maintenant c'est je jour. Incroyable !!! Un des futiles problèmes de ma vie ::: les addictions -- et son corollaire ::: les tentatives de désintoxications [ben va y avoir du boulot : serait plus simple de remettre le bonhomme à zéro, de le vider et de le remplir avec du sang neuf, de la cervelle vierge] {je} sens déjà les griffes du monstre social m'agripper la joue -- parce qu'un drogué on sait quoi lui dire ::: faut arrêter mon gars -- et le bourrer de valium et autres afin qu'il cesse de se bourrer lui-même -- une reprise en main en quelque sorte [la main des autres]. Alors tout compte fait ::: le zoloft tous les matins : fournit si je les crois la ^^sertraline^^ - le xanax le soir : offre la dose d' ^^asprazolam^^ [remplacée de temps à autres et parfois combinée avec une bouteille de vin rosé ::: sinon peut pas dormir, faut l'un ou l'autre ou les deux, et même avec ça (...) bah, j'ai pas dormi !!!] un paquet de Benson'n Hedges Gold (chères ! et pas remboursées !) : m'alimente en ^^nicotine^^ - et une quinzaine de cafés et/ou de thé ^^théine et caféine^^ -- faudrait pas penser au contrôle anti-dopage !!! Le problème ::: comment retrouver un jour la santé ??? La santé pleine je veux dire -- virer tout ce merdier et s'en tenir à l'air qu'on respire en gros. Mieux vaut pas imaginer l'intérieur organique et les circonvolutions cervicales ::: une usine chimique -- mais est-ce autre chose que ça à proprement parler - avec ou sans expédients ??? Et l'idée stupide ::: prévoir des clopes quand même pour le dernier jour -- parce que ça ferait chier de manquer de clope avant de s'endormir pour de bon !!

thomas

l'évangile de thomas. on a fait taire la voix du pauvre «thomas»-- je me souviens le gros volume in 4 \ensuremath{^\circ} (The Nag-Hammadi library) // j'aimais bien les facs-similés, les caractères ainsi tracés qu'on décrypte à la loupe !! j'ai fait cela !! et bien des choses encore - là où le «commun des mortels»n'ira jamais poser une fesse (là où ça se passe, les philologues, les sémiologues, les archéologues -ceux qui savent le mystère des civilisations disparues et des croyances MORTES // ainsi périra l'église catholique (et l'église orthodoxe aussi) : dans un délire de foi joyeuse portée par des nègres hallucinés !! (ça nous fera toujours plus de joie et de plaisir que ces cérémonies macabres qu'on joue chaque dimanche dans nos campagnes -avec les belles familles au premier rang comme à l'île d'Ouessant un été (la hiérarchie des bancs de la paroisse distribuée selon les revenus, femmes à gauche, mâles à droite, et tout ce pitre monde à gorges déployée appelant la pitié du christ (qui, remarquez bien, n'a pas que ça à foutre lui)... le royaume est tout autour de nous et en dedans de toi aurait dit jésus (prononcez : «jaiiiseussss») à Thomas (le seul accrédité si l'on en croit..). ça me va, ça me va mieux, je peux comprendre cela ===

toi

chaque soir est une longue soirée d'hiver // j'avais juré de plus boire // juré à qui ? juré pourquoi ? // on peut jurer devant les dieux ou la littérature ou son amour --- disons que ce soir j'ai mis une baffe aux dieux (pas la première fois on s'en remet).. pour me sauver je te parle mon amour. Je te parle comme un chien fou (et pour la folie on s'y connaît nous autres n'est-ce pas ? c''est un peu la seule chose qu'on sache vraiment ? la limite de toutes choses là où tout devient imprévisible et intenable ?) Je t'invoque ici (bas) - parce que tu peut être invoquée n'est-ce pas comme en Brocéliande on invoquait les fées (tu sais la porte qui conduit vers l'autre monde)) le pire : ne suis pas sur d'y croire non plus ! alors je dis : tu es la fille perdue de Dersou Ouzala - le chasseur d'Ours en orient - tu es la fille des invasions barbares (et je m'y entends dans ce domaine étant moi-même d'un certain point de vue une invasion barbare) -hungarian (sais tu que j'avais (jeunot) acheté une carte du pays de Hongrie (afin d'y marcher un peu et de s'y perdre !! déjà!! se perdre !! j'aimerai tant que cette obsession me quitte par amour pour toi !) et la fille des rizières et des jonques aussi ! et tout ce fatras sous ton épaule - ah j'aime plus que tout les gens qui ont de la souffrance à revendre - ceux qui sentent et jouissent et aiment la vie // parce qu'on aime la vie // miraculeusement plus que tout être au monde ((raison pour laquelle on est amoureux et notre amour infini et inépuisable)) ce que je donne et ce que tu donnes c'est de la vie brute. chaque parole de toi chaque yeux entr'aperçus me revivifient // et parlent pas du reste (la peau, le sexe, le ventre où se perdre) me donnerait presque des envies d'enfantement, de naissance, d'\oeuvre !! Tu sais si je bois à nouveau, c'est pour te rendre hommage ma douce (parce que je ne sais faire que ça au fond) !!!!!!!!!! et si l'on prend au sérieux ce que disent les gens de bien -alors on a tant besoin d'amour (d'abord et avant tout) en ce bas monde et c'est ainsi qu'on bâtit une vie -qu'importe sa durée (thomas n'a pas dit mais je le dit : il reconnaîtra les siens !)

7 \ensuremath{^\circ}

7 degrés
j'aime ce froid qui vient ça vous fait une espèce de buée quand on //respire//
et [je] respire (ou du moins pour mieux dire :
ça respire)
dimanche donc, ou bien (samedi ??)
la ville est grise et semble avoir perdu tous ses habitants
- ça me va notez le bien
je ne suis pas venu ici pour rencontrer
mais pour mourir (un peu ?)
on a cet espèce de passif - la vie vécue- avec lequel on fait avec
L'autre jour on a rencontré un berger avec ses chêvres et deux chiens
ces chiens qui savent tout
et je rencontre bien des gens qui font avec apparemment
(pourquoi «apparemment»? se peut-il que nous soyons au fond si différents ?
dans nos manières d'appréhender les choses qui surviennent)
là je suis censé écrire un livre
__la vérité
(ppffffffffffffffff)
c'est que je n'écris rien
(de toutes façons je ne sais écrire que dans les tréfonds
avec plusieurs degrés dans le sang
- pas le seul merci, métier d'alcoooolique
j''essaie de m'habituer à ce //métier//
(pour faire plaisir aux /gens/
pourquoi suis-je à ce point humain que ça m'importe
de faire plaisir aux gens de pas déranger
quand je suis un dérangeant au bout du compte ?
)
)
là, maintenant :
regarder la télévision
et puis rester allongé le plus longtemps qu'on pourra
(pas si simple finalement quoique..
si je me laissais vraiment aller..)

redescendre

J'aime l'automne quand toute chose pourrit avec vaillance [sauf mon amour ! / ah ! qu'est-ce qui reste à part ça l'amour hein ?]. L'autre soir ((la nuit tombait tranquillement sur le puy griou... j'avais un conciliabule avec trois chevaux - une mère et ses petits [comment voulez-vous vivre après ça ?] tant de sauvagerie humm.. le museau dans les bruyères et les myrtilles (quoiqu'à la fin septembre, les myrtilles..) et moi je suis dans une jouissance continuelle - par exemple il aurait été raisonnable de rentrer à son coucher avant que l'obscurité s'avance {au lieu des narines et des yeux grands ouverts s'efforçant à retrouver les marques du chemin.. bah. je m'en suis sorti.. au moins cette impression d'exister (et puis s'il avait fallu passer la nuit dehors, pourquoi pas ? j'ai fait bien pire [[me souviens ce 28 février 1989, dans les bois par zéro degré au large de st- léonard du noblat -ai fini dans l'encablure d'une église (après avoir volé les journaux du petit matin, et glissé 6 épaisseurs contre la poitrine) puis à la gare, allongé sur [le] banc (toute petite gare que st- léonard) - les travailleurs s'évertuant dans l'attente du corbillard des travailleurs qui va à Limoges - Le limousin m'a toujours plongé dans des souffrances terribles (trop de forêts peut-être ?)) l'autre soir donc : cette sérénité cosmique. Rester là accroupi les yeux clos, le bâton tenu avec tendresse, les cris des corbeaux et le hénissement des chevaux. Il y a de la rocaille là haut à puy griou, pas facile d'y grimper, encore moins d'en descendre. Ma psychanalyste dit : faut que vous soyez vide pour être plein (!) [Maître Eckhart, vous salue bien bas] - ça vous replonge des années en arrière, dans ces jouissances de si peu, et du tout (paradoxalement). je jouis du tout [voilà le vrai mysticisme : le royaume est en toi et tout autour de toi disait Thomas] Alors ? redescendre ? Oui redescendre - parce que tu es là - et tou(s)(t) ce que j'aime aussi // cette plénitude de l'amour : tant de beauté à n'en savoir que faire, tant de bonheur (bah : plaisir de bigots !!), et c'est pas ainsi qu'il faudrait vivre ! alors oui : si l'on doit suer à la sueur de son front pour suer à la sueur de son front - mais je veux juste une vie paisible moi ! [qui suis bien fatigué]

surdoué

alors prenons les choses dans l'ordre : J'ai donc été surdoué (bien ça m'aurait fait surement plaisir de le savoir -quoique je le savais bien sur - rien qu'à sentir mes co-scolarisés vivre ((avec leurs billes puis leurs motobylettes et leurs voitures [est-ce donc à ceci que se résume la vie d'un homme : qu'auras-tu vraiment aimé sinon l'automobile ? // va construire une polis avec ça !! - on comprend Platon et les eugénistes (oops)// )) j'ai donc été surdoué et prétentieux (ne le suis-je pas aujourd'hui encore ? ça ne vous gène pas que j'écrive là ?) : doué pour l'écriture et pour l'amour, sachant marcher de mes deux pattes à dix mois, sachant causer de vraies phrases (je veux dire au delà du registre habituellement scatologique de mes co-pré-scolarisés) vers l'âge de deux ans, enfin, dictant à madame Cascara (dont j'étais amoureux, une grande brune comme un cheval si je m'en souviens -comme ma mère en somme !! ha ha) !! écrire un mot sur le transfert de l'enfant vers son institutrice !! mes premiers poèmes (j'avais déjà ça dans le sang - comment s'étonner après de leur haine {ces jean-michel, ces thierry} qui jouissaient de me noyer à la piscine [les ait revu un jour ces petits geigneux, à genoux dans la terre, remuant la terre - moi j'allais à mes cours à l'université - eux travaillaient la terre (pour le bien-être jardinesque des populations estudiantines) : me reconnurent et presqu'à genoux : «V.»(et moi : ) «jean-michel, thierry ???»et cette condescendance de serf devant son maître... bah même pas le début d'un arrière-goût de vengeance. Suis plus méchant que vous. Ai baisé plus que vous. Ai voyagé plus que vous. et de voir vos petites tronches (et me souviens le jour où ils m'ont déculotté devant tout le monde dans la salle de classe // l'enfer// et le jour où m'ont collé la bouche contre la bouche de Nathalie P. (ce qui m'arrangeait bien nourrissant pour elle une sévère passion, tout comme pour Virginie C. [qui finirent probablement coiffeuses ayant redoublé leur CM2 - y'a pas de justice en ce bas monde !!] bah surdoué peut-être (si c'est : ne pas en foutre un ramée et réussir quand même), doué d'amour surement : et salut kerstin (la petite allemande aux décalcomanies //te souviens-tu qu'on causait pas ni moi un mot d'allemand ni toi un mot de français et qu'on s'embrassait quand même (ta mère a même dit à la fin à ma propre mère : «votre fils est un casanova»), et salut karine ! tu te souviens quand on était allé se baigner, et tu savais que je regardais quand tu t'étais déshabillée, et tu savais que j'en jouissais, on avait à peine onze ans, on savait déjà ! et comment tu avais pleuré le jour du départ // et salut à toi sandrine - ah ça les faisait rager ces pauvres types avec leurs rêves de mobylettes que moi (l'intellectuel le prétentieux le surdoué) j'embrasse à corps perdu, je me perde chaque nuit dans mes rêves près d'une amoureuse, ça les faisait rager, on avait douze ans je crois, je connaissais déjà le bonheur absolu de se perdre dans les cheveux d'une femme, et sentir ses fesses contre mes mains. Surdoué, oui sans doute..

on en est là

plus un centime. régression sociale absolue. Et plus ça va moins les gens vous comprennent, embarqués bon gré mal gré dans la puissance discursive des gens de bien (ceux qui ne veulent que votre bien vous comprenez ? les catholiques ou les assimilés.. on n'a pas gardé grand chose du catholicisme depuis sa mort sauf le pire). J'entends les voix du ça comme dirait l'autre. Faudrait faire une croix sur ses propres pensées. // mais comment ? // Objectivement (l'objectivité étant déterminé par le système des croyances sociales en vigueur - ce sur quoi repose l'existence même de la société--) objectivement [donc], suis considéré comme : schizoïde (avec tendances schizophrènes), paranoïaques (peux pas trop le cacher là), dépressif (mouiii, faudrait me voir dans les montagnes, là j'ai la pleine santé de Nietzsche [et qui m'aime me suive hé hé]). Pourquoi cherchent-t-[ils] à me contrôler et me vérifier continuellement ? N'ont-ils rien d'autre à faire ? (par exemple : le terrorisme, les tremblements de terre, les typhons ?) Ou peut-être me leurré-je ? (humm, évitons les coquetteries grammaticales). Je suis conscient d'être globalement difficile à suivre (c'est que je ne fais aucun effort -je demande à l'autre de faire un effort {who loves me follow me}. Je m'imagine parfois avec un costume une cravate une belle chemise déblatérant [la même chose].. sûr qu'on prendrait garde alors !)

october

alors :: l'alcool toujours - l'aliment d'extases peu mystiques. Comme il m'a été conseillé //2 zolofts par jour// et de fait : l'existence s'écoule tranquillement, tel un charmant chemin de croix ((premier effet : regarder la télévision [on devrait le prescrire aussi ça : quelques heures de télévision et vous voilà prostré comme un chameau dormant dans le désert] et aussi : le rien le grand vide (appartement propre à force de frotter comme ces mémés sous Prozac) Les neurones s'inactivent voilà.)) Alors ou bien accepter cela ((des neurones inactifs, juste ce qu'il faut -capteurs de nicotine et de caféine et l'alcool) et puis aussi grossir un peu)) ou bien refuser [et se lancer à perdre corps et plus dans la débauche infinissante] au bout du compte, rafistoler ce qu'on peut.

batailles contre les moulins

alors ce qui serait stupide aujourd'hui que commencent à germer les talents semés // et n'en doutons qu'il y en eut mine de rien // c'est de n'en avoir que faire - trop occupé à se débattre (!! par exemple 1 \ensuremath{^\circ} comment cesser de boire ? 2 \ensuremath{^\circ} comment sortir dans la rue sans trembler ? 3 \ensuremath{^\circ} comment ne plus rêver ? !!) Lundi 5 octobre : promenade mystique au château des Gardes (en ruines comme de bien entendu [et quelle idée de construire un château ici ! c'est plus d'efforts qu'une cabane on le sait, et pour quels ennemis ? Quel bandit stupide aurait l'idée barbare de sévir par ici ? - je veux dire : au nord de Malzieu Ville, sur les contreforts sud-ouest du Mont Mouchet, près d'Albepierre sainte Marie (à l' Église fort jolie dotée de modillons assez coquins) - et pourtant). Nu surplombant un vide conséquent, couché sur de vieilles pierres ombragées d'un pin fiérot. Nous sommes des \oeuvres d'art si l'on veut bien se donner un peu de peine. Et l'on peut mener sa vie ainsi (enfin : de manière provisoire et pour un temps donné... mais combien de temps ?...)

écoulement du temps

peu à peu tu vois la bouteille dont le niveau descend [et c'est peu dire que cela t'inquiète !! o oui !] va falloir songer à doubler la dose !!!! -- déjà je la reluque depuis 16 heures cet après midi (ai commencé de lui faire sa fête à 22h15 précises). Bientôt : faudra songer à s'en procurer une deuxième pour la route **est-ce ainsi qu'on devient //le mot qui laisse songeur// «alcoolique»?** (serais pas le premier bon an mal an). Sait plus trop à qui m'adresser dans ce cas de figure. Enlever le tee shirt, le ré-enfiler //plus trop savoir s'il fait cho ou froa// Carlo Emilio Gadda (la connaissance de la douleur) -nos vies prennent un tour tragique du moment qu'on les narre [sinon : juste bonnes à orner les brèves du quartier dans la Montagne (quotidien cantalou si vous l'ignoriez), et quand je dis tragique : oui, c'est le final connu d'avance (et tellement pré-conçu que ça en devient obscène // se peut-il qu'on ait du génie nous autres les gars de peu de rien avec nos facondes risibles et nos gueules de déments endimanchés ?// ] gérez le paradoxe, se circonvoluire dans nos fleuves torrentueux (inventer des vocables aussi : ça coûte rien et ça paye pas non plus... faudrait avoir été (Joyce ??) pour en tirer ne serait-ce qu'une pincée de gloire. Et n'empêche que je suis fou (à ma manière comme chaque fou l'est : à sa manière) : on détruit pas les choses on produit pas du discontinu [dans cet univers de continuité malsaine] sans payer un jour ou l'autre le prix de ses méfaits..................... les paye déjà merci.

le grand bonheur

mon grand bonheur est : 1 \ensuremath{^\circ} indicible (par là veux-je dire pas possible d'en émerger narration quelconque - à part des chants de griots peut-être ?-) 2 \ensuremath{^\circ} tragique (en ce qu'il me conduit acoupsur au nirvana, des détraqués -suis pas prêt de payer un loyer à la sueur de mes couilles en m'agitant ainsi) 3 \ensuremath{^\circ} impossible (sur le long terme j'entends - les jouissances durent le temps d'un râle c'est bien connu déjà les gars d'Agrigente sous leur portique, et d'autres, les brahmanes et les contempteurs du monde -salut à toi Pierre de la Selle !- l'avaient saisi [de fait nul ne peut comprendre la douleur du jouir que celui qui s'interdit par principe de jouir - aujourd'hui on jouit trop (et moi je m'efforce comme un damné sauvé des flammes à réapprendre à jouir... pas aisé non pas aisé)]. Quel est ce grand bonheur ? (tout le monde s'en branle je sais, qu'importe puisqu'il m'importe et qu'importe d'écrire même - puisque cela me vient !). oooo la steppe au dessus de Dienne (Cantal) : à l'ouest le téton de vénus, au sud les contreforts du pic de l'aigle au nord les étendues saupoudrées de vaches aux cornes fières du plateau du limon et par là bas vers l'est (là où j'ai mon logis) la planèze avec ses prairies de pauvre culture. J'y suis : herbes rases, vent qui insiste, mon corps est parfait sous le ciel brut. Hummmmmmmm........ je pourrais finir là je pourrais ? Et pourquoi encore encore descendre au crépuscule ? pourquoi ? J'ai le c\oeur qui bat vraiment, les pores de la peau vraiment (ouvert comme jamais) le sexe à l'air libre comme le cul des vaches (et dieu sait qu'on y voit des vaches par ici, et des taureaux aussi - mais là je me fais mon fier [faut pas comparer quand même]), et se lover dans l'infinité du monde !!! pourquoi moi (machin qu'importe mon patronyme) ne devrais-je pas une fois au moins goûter aux perditions des haut plateaux d'ouzbékistan (me contente de ces plateaux là ce qui n'est déjà pas rien). Pourquoi me fallut-il être pôvre, avec juste un bagage de mots (à se lyncher soi-même !) ? porque ?

l'erreur de la perception

j'aime ce bâton qui n'est pas tout droit. !! idéal pour, la marche - rythme parfaitement les pas - épouse la terre ou le sable avec douceur - fait fuir les vipères et couleuvres braquemarts (:) !! d'un autre côté ne suis pas moi-même pas tout droit ? plein de déviances ? Ainsi ne suis pas longtemps les sentiers tracés sur les cartes [préfère à travers bois, en jettant l'\oeil au soleil, il est dix-sept heures, on est à l'automne et c'est donc à l'ouest ou peu s'en faut : aime cette orientation de si peu ((et si je pouvais les champs magnétiques et les règles de la lune comme le font les oiseaux, guidés par les menstruations du ciel !)) //ainsi sommes-nous : // errants à la surface de la terre, arpentant des terres qui n'appartiendront jamais [combien je hais les stupides propriétaires terriens avec leurs villas et leurs barbelés et leurs miradors], échangeant nos atomes sans trop compter == pourquoi faudrait-il encore et toujours compter ? peuple de comptables !! peuple de propriétaires !! peuple de rentables !! ah qu'est-ce qu'on s'ennuie sous nos tropiques : si peu d' [amour] si peu d' [affection] et une absence complète du sens de la gratuité ((qui comme chacun sait veut aussi dire libre))

qui t'en voudrait à proprement parler ? qui t'envierait à ce point ? Pas de dénonciation. [rien à dénoncer] - se battre contre les moulins (juste : changer de moulins de temps à autres question d'éviter l'ennui). L'autre matin, ma psy : «Avez-vous peur de vous ennuyer ?» «?????» «si vous buvez c'est que vous avez peur de vous ennuyer ?»[je réfute la question d'un geste et marmonnage] == mais après tout ? peut-être au fond ? (alors Cioran et ses amis dans le septième cercle de l'enfer entament une gigue élaborée). soit. peut-être. peut-être que j'essaie de donner de l'importance et du sens pour motiver un peu la bête. peut-être m'acharnai-je à des lendemains (peut-être) afin de croire suffisamment pour repousser le spectre de l'ennui. == je lui réponds (stupidement mais bravache) : «j'ai toujours un truc à faire, j'arrête pas»_______ soyons honnête (ce qui n'est pas simple quand on est à soi-même son plus fidèle ennemi) : peut-être bien que oui. peut-être j'y crois un peu pour faire plaisir, à ma manière - après défendre des causes, s'établir sur des principes, être celui sur qui l'on peut compter. ma concession à la vie en quelque sorte.

quatre heures durant -les yeux dans l'humus- je photographie des champignons que je ne connais pas [ne pas en ramasser : pas détruire). Puis, sous la pénombre d'arbrisseaux près de la mare aux libellules : s'étaler un peu, quelques minutes, le dos reposé le long d'un jeune hêtre. Penser à rien. Machinalement caresser les feuilles et le reste qui se décompose [le terreau des bolets, girolles et chanterelles]. Laisser vivre, laisser être. S'imposent l'innocence jouissive de cette vie-là - et ses perspectives accablantes. Pourrais dormir ailleurs et pourquoi pas ici ? Et s'y installer en attendant l'hiver. Paraît que la Margeride se couvre d'une fine veste de neige en décembre (revenir là). Je me fixe des buts qui s'évanouissent si aisément dans l'eau claire. Voudrait pouvoir ne fixer aucun but (simplement être).

le grand \oeuvre

quand on largue son \oeuvre au monde //c'est mon cas// on donne un peu de soi-même. Alors faut pas attendre quoi que ce soit - pas dit que je réponde à tes attentes, que je parle la langue qu'il te faut là maintenant -- et c'est tellement triste et serais tout aussi mal du succès ou de l'opprobre. [voudrais admettre que je m'en fous.......fadaises.......... certes l'hirondelle entrée par mégarde dans mon logis ce tantôt s'en fout d'être ridicule à frapper dans les murs avec son corps ovale et tout petit (même que j'ai retrouvé deux plumes après l'escapade). suis pas tout à fait encore une hirondelle !!]
aujourd'hui c'est le dimanche et je me dis en allant chercher des cigarettes à vingt minutes d'ici, qu'importe ce que les parisiens ou les berlinois penseront de mon \oeuvre (mes affres souterraines émergées au grand diurne - notes s'égrenant comme autant de souffrances et joies). je suis là, la fenêtre de l'auto grande ouverte et c'est l'automne je crois bien [regarde mon amour comment ça rougit à ton passage - évidemment stupide et accablant d'écrire l'automne, tant de fois écrit [et si peu d'un côté] // qui dira que c'est de la pourriture que naît la vie, et qu'autant qu'on est on ne vaut que parce qu'on pourrit, pas plus que feuilles mortes promises à l'humus - fait moi rire avec tes muscles entretenus et la jeunesse maintenue par les crèmes anti-rides ! rien n'évite la pourriture ! et tu le sens ton cerveau comme il pourrit mon beau ? ]
encore tant de beautés pourtant
dans la pourriture justement.

éloge de la bouse

parce que si l'on y pense c'est des années de fermentation secrète de doucereuses certitudes de plantes effacées d'un coup de langues [et pour une langue, c'est de la langue , rêcheuse, granuleuse, de la sorte on accroche toute disparité, et dévore]. Ais-je jamais dit qu'elles sont mes meilleures compagnes, les bouses, marquant le chemin sans paresse, Ah machées remachées et le grand cul des vaches offert au soleil d'automne, !! mes belles grâce vous soit rendu vous connaissez le ferment de la vie !!

je ferais un vers de pur rien

merci à toi guillaume IX d'Aquitaine d'avoir ainsi déterminé le cours de la poésie - ce flirt avec le néant [ le grand néant, pas celui des travailleurs d'aujourd'hui, gobés par le travail justement et ses corollaires : la télévision, le tiercé, la joie de vivre ] ce que le maître des cartes après toi avait exploré, et le dernier des grecs (damascius - qui s'en souvient ?) avait éprouvé. Pour ce qui est de l'existence, on ferait bien de s'en méfier -je veux dire des discours en vogue, sur le désir qu'on est censé avoir, et le plaisir qu'on pourrait tirer d'une vie de labeur !! programme pour les crétins !! moi voilà je suis : comme l'huître peu soucieux de l'existence et désenchanté du sens ((m'y employant pourtant je l'avoue, jouant le jeu des rationnels, juste : comme un jeu : qu'on sait jouer)) dimanche et lundi deux jours de pluies... l'autre soir deux hirondelles en une fois sont entrées par la fenêtre [en ai saisi une dans la main, caressé, dis des mots tendres et lancé à travers le ciel]....... Le problème fatal de l'existence est d'admettre que nous ne sommes pas mieux lotis qu'elles (les hirondelles), entrant dans des logis par inadvertance, nous heurtant aux murs de nos maisons, toujours cherchant un sens - quand elles se contentent d'une direction. [de quoi je me plains j'ai trouvé l'endroit où être __ un cimetière à ma façon __] mardi : même topo, la pluie, et ces efforts malgré tout parce qu'il doit rester quelque chose de valable (suffit de le nommer ?)

perdition

mon amour :: vois-tu que je me perds dans cette accumulation de [liquides][fumées] - tout se délétère le sommeil le désir la vue la respiration même !! manquerait plus que je sois malade : et pourtant ça me court après fais ce qu'il faut pour !! Plus je connais le monde et les tréfonds de l'existence, plus ça me ronge - et c'est comme ce secret oublié de l'enfance qui vous dévore de l'intérieur avec les années - mais impossible de mettre le nez dessus non impossible - J'aimerais avoir un avenir, quelqu'espace avec des meubles et un décor tout entier pour me projeter (je vois même nos enfants c'est dire !) et je ne vois rien malgré tout [ou du moins ces perspectives sont entachées de brumes (comme les rêves) et suis pas sûr que ces rêves là me réveillent pas en sursaut [pour dormir en ce moment faudrait pas rêver]

alcool and pains

Encore un soir, et le soir tombe de plus en plus tôt, et bientôt ce sera peut-être le matin qui sait ? [bien que du matin : pas vu le moindre bout d'aube depuis des lustres] - croyais être plus fort - que nenni. Boire vous dévore un tiers de l'existence - et faudrait pas que ça dévore plus. Alors voici que la vie de nouveau se défile et l'horizon devient aussi vaste que la vitre collé sous le nez. Pas la rosée du matin non du tout mais la rosée du soir [se peut-il qu'on soit si faible avec tous nos concepts et notre goût si spécial pour la vie - pas de quoi se tenir droit non !!]

just before the snow

Donc, il y aura bientôt de la neige [dans moins d'un mois dixit : 1 \ensuremath{^\circ} la tenancière du café du centre, avec la pluie qui tombe (bien glaciale s'insinuant sous les chemises et dans les pantalons), bah c'est affaire de trois semaines au plus et 2 \ensuremath{^\circ} le gérant du Petit Casino, trente centimètres au moins - on est à 800 mètres comprenez-vous ?]. A moi donc les grandes étendues saupoudrées de blanc ! [deux trois journées pas faciles dans l'année, concède la tenancière (1 \ensuremath{^\circ}), mais le reste compense - le reste : un été indien comme on en vit qu'ici, une beauté tangible même et surtout quand la ville est soumise aux tempêtes : la tourmente disaient les anciens *hommage à ceux qui se perdirent dans la tourmente en Margeride, errant jusqu'à la mort gelée, assommés de froid de grèles et ces loups d'autrefois qu rodaient (sans compter la bête qu'on n'a pas oubliée ici, que nenni !)*] En attendant, me tient au chaud, fait des provisions de graisse pour l'hiver comme tout animal intelligent.

explorer

nous autres explorateurs -voici les premiers contreforts des rochers d'Eulela, au pied desquels une vallée se dessine //jamais fréquentée par aucun homme (occidental), avec un chapeau et de grosses chaussures de marche// la vallée perdue : et regarde cette sauvagerie !! voici un crâne qu'on découvre au creux d'un tronc meurtri par la foudre [des hommes l'ont dissimulé ici et firent de cette écorce humide l'ornement d'une sépulture] un village pas loin - quelques huttes et des femmes aux cheveux gras. J'adore cet attribut pelvien que les hommes arborent avec fierté (l'identité).... j'aimerais cette sorte de coque en bambou glissée autour du sexe et remontant jusqu'à la poitrine avec les peintures d'usage... faudrait essayer tiens ?! mais alors seul (dans la montagne on peut «aisément» être seul) - de la présence humaine comme dirait houellebecq !! bah partout des hommes !! mais ceux là plus beaux bien que moins policés !! on descendra dans la vallée donc, avec force caméra et porteurs mallawa (lesquels se contenteront d'un couteau et d'un ballon en plastique - pourra toujours servir (et puis faut bien reconnaître qu'un homme blanc ici !)) - nous autres explorateurs !! et l'autre découvrant le Tibet (comment les gens puent dit-il, et la neige jusqu'à la poitrine et les mules qui n'avancent guère) - je suis à la recherche de ma vallée perdue - qu'importe l'Uzbekistan ou le cantal -ça me rend fou cette recherche du lieu, du pays- la dépression c'est la diaspora intérieure -sauf que : nul livre d'histoire n'en dira le traître mot.

alcoolisme

L'existence s'organise en tranches (épaisses) -selon les jours où je lutte et ceux où je ne lutte pas. Ma vie est étrange sans nul doute. J'ai le privilège insigne de pouvoir tout à la fois m'adonner à la transformation du monde (et je sais que ce pouvoir m'a été donné de changer les choses et les gens d'ouvrir des mondes et d'aveugler les aveugles je le sais) et de m'autodétruire à loisir sans craindre les conséquences. L'alcool donc : m'inspire et : m'annihile. (on croirait lire quelque brochure de propagande d'une congrégation d'alcoolique - remarquez m'en moque pas trop - pourrait y faire un tour un de ces jours chez mes frêres et s\oeurs anonymes. Hier pas bu (pas un goutte). mais j'ai tenu sachant qu'au lendemain les boutiques étant ouvertes (car c'est lundi) et je pourrais boire à nouveau. Ainsi je me joue des tours (c'est une occupation comme une autre) : à 19h00, heure de fermeture, je me cache en mon logis : et hop ! il est trop tard pour le vin car les commerçants de ce pays ferment leur boutique à la tombée du jour ! (si : c'est pas l'Espagne ici [ai passé trois semaines en Espagne, trois semaines à boire (et à aimer aussi)] quand tu y penses connard : ta vie fut quand même une belle vie bien sauvage : t'as laissé l'espace pour le sentiment et la furie non ? t'as laché les chevaux (et la purée comme elles disent). Bon.. Suis fait pour l'amour et la passion c'est sur (romantique à poil on pourrait dire).

the world is bigger than you think

Il y a des gens qui ont tellement d'argent que ça leur coûte plus cher de manger chez eux à cause des domestiques plutôt que de manger au restaurant -dut-ce un établissement de luxe, avec des maîtres d'hôtels et foies gras et canards- il y a des gens dont le bonheur ultime la jouissance consiste à nettoyer leur automobile -et vois-tu comment ils y mettent du c\oeur, et tondre le gazon aussi, parce que c'est prendre soin du peu que l'on a - et tu vois : on pourra toujours pavoiser devant ceux là nous qui n'avons rien, n'empêche, zont trimé dur pour l'automobile et la jardin zont refoulé tant de choses qui font mal (comme les pensées malsaines) et puis, c'est une bonne chose non de prendre soin de ce qu'on aime ///////// alors tous ces intellectu-e-l-s avec leurs anicroches à la vie !! savent pas ce que c'est que d'entretenir un jardin !! : de renoncer !! comme un petit enfant qui vous tombe dessus et après, faut faire avec, faut toujours faire avec, le jardin, les mômes les voitures [sur le papier ça l'air avait joli et excitant - tu sras zun homme mon fils - et puis vois-tu comment jme traine maintenant : : : : : : mon amour désolé de t'avoir fait ça (veux dire : la vie, les trucs de la vie comme ils disent tu vois quand je rentrais le soir après le travail sans causer || tu me causais pas non plus soit dit en passant || alors si personne fait un effort hein ? on sait bien ce qui adviendra, les rêves de meurtres le soir dans le lit chaud sous les couvertures quand tu peux plus baiser m'en fous j'ai la caisse et les nénuphars (veux dire les enfants) et ma bouteille de rouge/rosé/blanc enfin : les 3 (pour le souper) cependant ::::: faudrait pas trop penser hein ? parce que si l'on commence à penser alors ça pourrait faire du grabuge tu crois pas ??????

déconstructivisme

alors quand j'aime je détruis :: détruis avec mes dents, ma gueule et ma bouche !! faut pas me chercher dans ces moments là :: pourrait tuer des gens,,, des fois quand [je][il] se lève l'après midi (on se lève l'après midi c'est bien ça ?? le matin y'a rien à voir, les gens s'échauffent, moi, me faut à peine dix minutes pour être cho, du coup je gagne la matinée tout compte fait] des fois l'après midi, pourrais sortir avec mon MP42, et carnager tout ce minable. En même temps ce qui me retient c'est : rien contre eux finalement ces gens, font ce qu'ils peuvent [comme toi comme moi comme nous tous] :::::::: faire ce qu'on peut , avec nos orties plantées d'entrée dans le crâne, et maman et papa qu'avaient pas su trop aimé (avaient pas lu le bon livre sans doute, bien qu'ils aient lu Laurence Pernoud forcément [putain de Dieu (shit) me fait penser qu'à la maison : l'encyclopédie France Loisirs et c'était bien tout ((parfois j'ai l'impression d'être né dans un Pialat, tu vois les pantalons ridicules et la gueule de manouche ((( on pouvait bien les prendre de haut les manouches dans les années 80 bah !! zavaient simplement gardé la mode d'avant, vu qu'ils prenaient leurs fringues à la foire d'emmaus (ben : sais-tu que c'était notre couturier emmaus ? pendant des ans, j'ai arpenté leurs couloirs de fringues vendus au kg : facile de passer pour un dandy barré quand t'es pauvre, on s'habillait là avec mon frêre (déjà : fallait payer l'appart, l'alcool, le shit, la coke......... restait pas grand chose pour s'habiller tu comprendo ??) me souviens ces robes de pauvres et ces vestes déchirées ou rapiécées [au coude] - à l'époque (1986-1991) les passants me donnaient la pièce dans la rue (sans que j'ai rien demandé remarque bien). bah être pôvre c'est une école comme une autre, comme être riche, comme être avec son automobile et ses mômes. (va bosser chez Michelin, crève d'un cancer des couilles professionnels à 40 - esta la vista : ça ou autre chose finalement)

Pierre Loti

pas un mec, non, pas le mec, une cité (me souviens la fille avec ses dents inégales, l'incisive droite dépassant de 2 cm l'incisive gauche et le noir des prémolaires - j'ai sacrifié mes :: dents :: pour élever mes enfants) : nid pour assistante sociale (encore un métier de pauvre pour les plus pauvres) --- tu revois le mur (j'ai personne à qui dire tu là, tant pis, je dis tu ça aide de se sentir moins seul dans ce «souvenir«) ??????? On avait (déjà) (bien avant les rappeurs et les autres) taggé le mur : avec des gros mots et des erreurs d'orthographes - faut dire que la plupart allaient à l'école heu... disons.. eu. trois mois par an [à cause des voyages tu comprends, quand t'es né forain la famille voyage et faut suivre tant pis pour les copains et de toutes façons y'a pas de copains (à cause de la crasse tu comprends ? pas la crasse sur la peau, l'espère de crasse protectrice à cause du froid et des intempéries non : mais la crasse du voyage, parce que quand on voyage on prend l'air de toutes parts, et forcément ça épaissit la peau, ça fait des histoires (et la peau en garde traces tu peux comprendre ça ?). C'était les manouches (pour nous, blancs, hispaniques, portos : ) les arabes si tu veux (j'essaie de traduire). Me souviens plus tard de N\oella. Elle était belle comme le feu (promettait beaucoup). Bah.... le papou l'a calmé avec ses airs de :: j'irais dans le monde moi, j'épouserais un gadgé, pas le cousin promis. et c'est ainsi : à part dans tes rêves, les filles pauvres épousent pas les médecins (et après, tout ça se reproduit : les médecins avec les médecins, les profs avec les profs, les artistes avec les artistes et les pauvres avec les pauvres).. Tu peux comprendre pourquoi : envie de : tuer des gens : parfois l'après midi (peux même plus en dormir parfois, me lève au c\oeur de la nuit pour pleurer, voudrais être un.... singe ?)

le quartier

je connais ce quartier oui au début on n'habitait pas là là où je suis né me souviens plus me souviens plus de grand chose à part du gris marron de l'ennui du médiocre ennui puis on a grimpé dans la tour et on a vécu là à côté de chez madame déé (connais plus l'orthographe mais on disait comme ça) déé étrange comme nom veuve sans doute puis la cité américaine à côté de la piscine j'aimerais bien donner plus de détails mais je sais pas me souviens plus j'ai oublié c'était une rue avec un nom d'oiseau : chardonnerets, le numéro 5 ou 6 peut-être j'avais un «copain» mais pas vraiment un copain en fait j'avais pas vraiment de copain, me faisaient juste l'aumône d'un goûter l'après midi, dont le père était commissaire (à ce qu'il disait). La cité américaine : des maisons de plain pied sans étage (pléonasme certes mais ça vaut la peine d'insister), construites pour accueillir les libérateurs. bah qu'importait à l'époque c'était chez nous sans doute, chez nous les pauvres ////// j'aimerais bien me souvenir, te raconter des histoires de ce temps là, je pleure parce que je ne me souviens de rien, même pas ma chambre, quelle était la couleur des murs ? est-ce que je dormais avec un de mes frêres ? où est-ce que je faisais mes devoirs ? me souviens de rien.... pathétique effort encore pour remettre du souvenir sur tout ça (je joue à : rappelle-toi mon enfance, mais je n'ai rien à me rappeler moi, ce que je sais, je l'ai su après bien après :: ainsi tu peux comprendre pourquoi je suis malheureux aujourd'hui, parce que sans enfance c'est pas facile, c'est pas facile de se situer de se dire, de se penser.)

alors oui je sais que je vais mourir : : c'est triste quand je pense à toi mon amour mais je sais que je vais mourir parce qu'il y a trop de souffrances là dedans dans ce crâne et dans ces peaux et je sais que je tiendrais pas longtemps j'ai trop de douleur et je m'en fous que l'heure soit à la littérature des douleurs - parce que toute douleur a sa place et même si on la refoule, elle prend sa place, pose ses affaires, s'installe pour le diner du soir, pose ses gros bagages de mille lieux, ah vraiment, j'aurais tant aimé que les choses soient différentes, t'aimer différemment, être le sel de la vie, le jouir sans encombres : et puis voilà, on devient si vieux, l'histoire s'avance comme un grand manteau gris.

saint-pourçain tradition du centre de la France (je cite).. leur délicatesse, leur fraîcheur et leur jeunesse conviennent parfaitement au tempérament féminin. [alors là ! jeunesse, délicatesse et fraîcheur : les vieilles rombières vont pouvoir se gausser ! soupeser leurs poitrines lâches en ruminant un autre âge :: celui des princes charmants sans doute, sur leurs mobylettes, avec leurs grotesques farces prétendument séductives !! [[séduirait une vache tout au plus]]... N'empêche : fière compagnonne pour la nuit qui vient : et ça fraîchit dans les chaumières savez-vous ((scuzez je découvre l'hiver, pas l'hiver des plaines mais celui des hauteurs -quand la tourmente s'abat sur la steppe et rend les promeneurs égarés fous)).. quatre mois dans le cantal et me sent déjà des ré-actions de M. Jouhandeau (lequel sévissait pas très loin à vrai dire).

des américains lus aujourd'hui et hier :: David Payne dans le journal et Moby :: quitter l'Amérique [GWB vient d'être (brillamment) réélu] : souhaitent prendre exil (comme autrefois d'autres -écrivains et peintres et musiciens de Russie)........ mais c'est toujours la même histoire n'est-ce pas ? Choisir la [France] pour terre d'exil ! Pourrait vous montrer à quel point globalement nous ne sommes pas peu pires ! et combien ce nous ne signifie rien pour moi :: parce que je connais bien des gens qui se sodomiseraient eux-mêmes de joie devant votre Georges, et pas bien loin, dans ma rue peut-être et la boulangerie le bureau de tabac le café du coin j'en connais plein des comme ça ! vais vous décevoir chers amis d'outre atlantique : mais chez nous aussi 50% de connards et de connasses et là -suis bien en deçà de la vérité- des qui préféreraient leur auto à leur femme et tuent les corneilles quand ça leur chante ! des qui s'horrifient des nègres encore et des arabes en particulier. Pays de merde vous-dis-je chers amis. Évidemment c'est le lot des intellectuels -pas de frontières en l'esprit- de s'expatrier :: ne me suis-je pas expatrié ? dans ce pays de paturâges et de plaines gelées ? Préfère à coup sur la compagnie des vaches ! Reste cet Uzbekistan dans les rêves (pas mieux ailleurs mais autorisons nous - nous qui sentons mieux et plus dignement - l'invention de contrées plus douces. ).. Enfin ne venez pas :: rien à faire ici, que de l'amertume et du ressentiment, du déjà mourant, nos hommes d'état n'ont rien à envier aux vôtres, c'est-à-dire, rien de meilleur.

duchamp

comme s'il fallait en permanence s'alimenter - ? - pour sortir quelque chose d'honnête. Marre de ces bouteilles qui s'accumulent sous l'évier (des centaines maintenant parce que :: fatigue de descendre aux poubelles à verre - faudrait une vingtaine de cartons et autant de voyages pour vider tout ça !! {les ai déjà vidées en fait}. ) Alors :: on en fait de l'art. On écrit on accumule, accumuler c'est déjà de l'art. ça ne sert à rien. de l'art qui n'intéresse personne. Suis fatigué de l'art :: suis fatigué de la vie. C'est terrible de voir à que point nos temps sont rétrogrades : étant plus jeunes je m'imaginais mes trente ans comme la réalisation complète des prémisses de M. Duchamp : tous artistes !! bah, il causa en vain celui là ! au lieu de ça, un océan de stupides préconceptions et notre génie romantique à son apogée - même s'il a les traits d'un éphèbe débile s'entrainant aux concours d'artistes à la télévision - Lamartine au teint bronzé aux dents blanches et aux muscles saillants //faut se pincer pour le croire// Alors voilà : on en revient à la case départ [ce qu'aiment en commun les bourgeois et les pauvres] :: l'artiste boit pendant que de purs crétins font office de mieux-valoir culturels.. Et nous les artistes (ceux qui pensent et sentent et qui le savent) tournont en rond malheureux dans nos communautés pathétiques, s'attaquant à nos moulins usuels, bah.... Une amie m'écrivait son désespoir quant à l'état du monde. mais où s'exiler alors ? A quoi renoncer ? (quand on n'a déjà pas grand chose).. J'irais à Ulan Bator et Taschkent avant de partir.. c'est décidé!

arrêt

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énumération

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la grande bataille

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chamanisme

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jusqu'où au juste ?

.><> principium réalité // m'âbimer dans une folie douce ; plus un effort pour être intelligible. ça mène à quoi l'intelligibilité : voilà je pourrais écrire bien des livres que d'autres écrivirent avant moi (c'est cela le syndrome des pauvres intellectuels, découvrent par eux-mêmes du déjà pensé, déjà rendu public). De même : j'ai fait un disque et même plusieurs, et dit ô combien de choses et fait bâtit façonné. Rien ne sert à rien. Plus on me nomme, moins j'en jouis. Et parce qu'il faut prendre ces mots au sérieux : ce (handicap). j'écris pas à l'abri d'un salon avec lambris taffetas et soies recouvrant les fauteuils moi. J'écris de nulle part, là où je peux. Et ce nulle part serait bientôt ailleurs en vérité. trouver un lieu d'où écrire - j'ai essayé du monde, avec ses airs mondains, ces cravaaates mondaines : bah, pas pour moi ! peut-être écrire de la folia alors ? La folie de ceux qui n'en peuvent mais...

devenir adulte

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dana hilliot 2005-05-14